Muskoka, en Ontario, est réputée pour ses hors-bords en bois classiques qui hantent les cours d’eau du coin depuis le début du XXe siècle. Nous visitons la région pour découvrir les entreprises familiales qui restaurent et construisent ces magnifiques embarcations, tout en savourant les sensations procurées par un moteur de 415 ch…

Texte Gavin Conway, Photographie Sian Richards

Le propriétaire et constructeur Peter Breen enclenche le long levier de vitesses chromé de son « gentleman racer » de 28 pieds, qui se détache du ponton pour glisser sur la rivière Severn, à Muskoka. Le monstrueux moteur V8 de huit litres crachote puis démarre dans un boucan énorme, le son se répercutant sur les parois en bois du hangar.

De gros nuages gris menacent, mais Peter les ignore. Il sourit, car il est sur le point de me faire une surprise dont je me souviendrai longtemps. Lorsque mon pilote ouvre les gaz, la musique du V8 de 415 ch change, passant d’un grondement de baryton à un feulement féroce au fur et à mesure qu’il monte en régime. 

Si ce bateau est un sosie du modèle des années 1920 duquel il est inspiré, il est capable d’atteindre 96 km/h, ce qui est plutôt rapide pour toute embarcation, même contemporaine. Il affiche aussi un équilibre parfait et prend des virages incroyablement serrés. Peter l’a baptisé Cash Injection et on verra plus loin qu’il vaut son pesant d’or.

Peter Breen fait partie d’un groupe de restaurateurs et de constructeurs de bateaux en bois qui travaillent dans la région de Muskoka, en Ontario. Leurs créations (Muskoka Boats) sont connues dans le monde entier. Les plus célèbres? Les hors-bords de collection des années 1920 et 1930. D’une finition irréprochable, ils sont habillés du meilleur acajou qui soit.

Les créations de Peter Breen s'inscrivent dans cette tradition. On ne saurait trop insister sur la qualité de ses reproductions et sur le savoir-faire qui préside à leur réalisation. Jamais je n’ai vu un mariage si parfait entre beauté et puissance. Il est injuste de qualifier de « réplique » une création Breen, car ses bateaux sont fabriqués en suivant les méthodes artisanales des années 1920.

Accastillage, taquets, lampes et autres tableaux de bord chromés : tous sont moulés à l’aide de l’équipement des années 1920. Le résultat est remarquable : même un très fin connaisseur pourrait s’y méprendre. Peter Breen ne fait pas dans le bon marché. Une restauration coûte en moyenne entre 400 000 $ et 500 000 $. Quant à un bateau neuf, il en coûte une « somme considérable ».

« Nous fabriquons nos bateaux en suivant les méthodes des années 1920, avec de vraies planches, du vrai bois taillé – presque toujours des membrures en chêne blanc, explique Peter. Nous faisons le cintrage [des membrures] à la vapeur, ce qui est plus difficile à réussir que le laminage plus courant. Nous faisons tout de façon traditionnelle, comme à l’époque. »

Mais les bateaux signés Peter Breen sont résolument modernes. Ils affichent une élégance et un style rétro inégalés tout en offrant aux clients de hautes performances. « Le Margaret Shirley, par exemple, est équipé d’un Ilmor de 575 chevaux (version course), l’un des meilleurs moteurs à essence du marché – qui permet d’atteindre une vitesse maximale de 110 km/h.

« LE SS Bigwin a transporté des passagers comme Clark Gable, Louis Armstrong, Winston Churchill
et Greta Garbo, qui logeaient au Bigwin Inn sur l’île. »

Comment Muskoka a-t-elle acquis sa renommée pour ses magnifiques bateaux à moteur? Au tournant du XXe siècle, les gens très fortunés, nombreux à posséder des résidences secondaires dans la région, voulaient des bateaux reflétant leur statut. De plus, vers 1900, le réseau routier de la région de Muskoka étant trop basique pour leurs voitures sport, ils se tournèrent vers les hors-bords pour satisfaire leur soif de vitesse

Muskoka est une belle région du Canada : son cadre naturel et ses routes invitent à la découverte. Le relief escarpé du Bouclier canadien confère à l’endroit une beauté émouvante et sauvage. L’une des plus belles routes de la région décrit une boucle autour du Lake of Bays. Elle suit ce lac en traversant de magnifiques petits villages aux maisons anciennes en briques rouges, avec leurs magasins généraux, marinas et autres restaurants familiaux. On se croirait à une époque révolue.

En chemin, nous croisons un autre Muskoka Boat célèbre : le SS Bigwin, un navire de 109 ans magnifiquement restauré. Appartenant à l’origine à un particulier, il a été vendu en 1925 avant de commencer son service public comme traversier vers l’île Bigwin, la plus grande île d’Amérique du Nord, qui fut aussi jadis la plus glamour.

« Autrefois, c’était vraiment un endroit spectaculaire, explique Shawn Ruhl, le capitaine du SS Bigwin. Le traversier a transporté des passagers comme Clark Gable, Louis Armstrong, Winston Churchill et Greta Garbo, qui logeaient au Bigwin Inn sur l’île. » Le capitaine Ruhl souligne une touche de modernité unique : « Il s’agit du premier bateau à passagers entièrement électrique au Canada. »

MAZDA CX-3 2019

Pour notre aventure à Muskoka, nous avons choisi un CX-3. Avec les 148 ch de son moteur à essence quatre cylindres de 2,0 litres, il associe performances et consommation raisonnable – nous avons fait du 64 km/h de moyenne hors agglomérations. Il est aussi doté d’une direction précise et affiche une bonne maniabilité, duo idéal sur ces routes sinueuses. En bref, ce multisegment est amusant à conduire, en grande partie grâce aux technologies de Contrôle dynamique du véhicule Skyactiv qui font du CX-3 une voiture plus douce et confortable. Le nôtre était aussi équipé de la traction intégrale, fort utile sur les chemins en terre de la région.