Le pedigree prestigieux de Mazda en sport automobile est plus qu’une liste de victoires dans différentes disciplines. C’est le reflet de l’innovation technique et du désir de défier les conventions qui sont ancrés dans son ADN.

Texte Dan Trent, Photographie Mazda / LAT Images

Le champagne et la gloire sont une chose, mais pour Mazda, le sport automobile c’est avant tout l’expression du plaisir de conduire que retire chaque client. La victoire au Mans en 1991 demeure le couronnement de l’équipe, le premier succès dans cette course pour un constructeur japonais et pour une voiture à moteur rotatif. Mais elle représente aussi le lien durable avec la technologie, appréciée autant par les pilotes que par les conducteurs ordinaires. Tout remonte aux années 1960, quand les ingénieurs de Mazda ont relevé le défi de faire du moteur rotatif une alternative viable au moteur à pistons. Ils ont ensuite dû prouver leur technologie sur la scène mondiale. Pour cela, Mazda a choisi l’épreuve la plus difficile : le Marathon de la Route de 1968, une course d’endurance épique de 84 heures sur le circuit du Nürburgring en Allemagne.

Aujourd’hui encore, la piste est considérée comme le test décisif d’une voiture. C’est pourquoi au Japon, à des milliers de kilomètres du fameux circuit, les ingénieurs ont étudié des simulations informatiques du parcours et étaient convaincus que leur moteur tiendrait le coup. La quatrième place de la Cosmo Sport a permis à Mazda de se faire connaître et de démontrer la performance et la fiabilité du moteur rotatif au monde entier. À peu près à la même époque, la scène florissante des voitures de tourisme au Japon a permis à Mazda de faire ses preuves sur son marché national. Les leçons apprises en compétition ont aidé les ingénieurs à développer la technologie du moteur pour améliorer les performances. La victoire contre toute attente de la Savanna au Fuji 500-mile Tourist Trophy de 1971 a lancé une rude bataille pour la suprématie des marques locales qui a fait vibrer les foules pendant les années qui ont suivi.

Une 4e place au Marathon de la Route en 1968 prouva les capacités de la Cosmo Sport (en haut). Des victoires au Mans, avec les pilotes Bertrand Gachot et Volker Weidler en 1991 (ci-dessus), et à Spa avec la RX-7 en 1981 (ci-dessus, à droite) ont encore relevé la réputation de Mazda.


En Europe aussi, Mazda a réussi : en 1969, lors des 24 Heures de Spa-Francorchamps, l’un des événements les plus prestigieux du calendrier européen, la modeste Familia Rotary Coupé a remporté une impressionnante cinquième place. Cette course était aussi le test décisif des voitures représentatives des produits que les clients pouvaient acheter en concession. Puis en 1981, Mazda revenait avec une RX-7 de série, ou presque; sa victoire convaincante a lancé sa brillante carrière de voiture de tourisme et a démontré une fois de plus la fiabilité du moteur rotatif dans les épreuves d’endurance. D’autre part, la RX-7 faisait également ses preuves aux États-Unis. Une victoire dans sa catégorie lors de sa première course aux 24 Heures de Daytona en 1979 a lancé plus de dix ans de domination avec 100 victoires dans sa catégorie au championnat IMSA.

Mazda fut le premier constructeur japonais à remporter les 24 H du Mans avec une superbe victoire de la 787B à moteur rotatif (en haut). La RX-7 prouva sa fiabilité avec un beau podium en Grèce en 1985 (ci-dessus).


« DES VICTOIRES SUR LA GLACE ET LA NEIGE DE SUÈDE ET dans LA CHALEUR ET LA POUSSIÈRE DU CHAMPIONNAT AUSTRALIEN DES RALLYES ONT PROUVÉ QUE LA 323 AWD TURBO ÉTAIT UNE GAGNANTE sur les terrains LES PLUS DIFFICILES. »

Le point culminant de tous ces succès? Les titres de pilote et de constructeur en 1991 avec la RX-7 GTO, dotée du même moteur rotatif que la 787B, vainqueure au Mans. La RX-7 a aussi démontré sa robustesse en rallye. Affrontant les monstres turbocompressés à quatre roues motrices du groupe B, la Mazda semblait franchement battue d’avance, mais elle est pourtant montée sur le podium en Grèce, à l’exigeant Rallye de l’Acropole.

Les changements apportés au règlement ont ensuite rapproché les voitures de rallye des modèles de production équivalents. Mazda en a profité pourpromouvoir de nouvelles technologies comme la turbocompression et la transmission intégrale. En 1988, la 323 AWD Turbo a gagné sur les pistes gelées de la Suède et les routes poussiéreuses d’Australie, prouvant qu’elle pouvait triompher en toutes circonstances.

En Australie, Mazda a aussi connu le succès sur piste : la RX-7 y remporta trois championnats d’endurance consécutifs et monta plusieurs fois sur le podium à la fameuse course Bathurst 1000. La maniabilité des Mazda et la puissance du moteur rotatif lui donnèrent ensuite quatre victoires consécutives aux 12 Heures de Bathurst et d’Eastern Creek au début des années 1990.

Aujourd’hui, les pilotes de prototypes Mazda rencontrent le succès dans le relevé championnat américain IMSA WeatherTech SportsCar. Et dans le monde entier, des pilotes apprécient les performances, la maniabilité et la fiabilité des Mazda, la MX-5 étant le pilier du sport automobile populaire dans de nombreux championnats. La fibre compétitive vibre toujours.