L’Alberta est devenue une destination de choix pour les amateurs comme pour les spécialistes de dinosaures. Nous prenons le volant du Mazda CX-5 pour découvrir comment il a pris une telle importance dans ce domaine. 

Texte Gavin Conway / Photographie Sian Richards

Au musée Royal Tyrrell, de petits troupeaux d’enfants de 4 ou 5 ans se précipitent d’un squelette à l’autre, tout excités par leurs découvertes. Ils poussent des cris de joie et leurs grands yeux ébahis prouvent que la plupart d’entre eux vivent l’expérience la plus incroyable de leur vie. Les adultes, tout aussi impressionnés, laissent échapper des « Viens voir ça! », somme toute la version mature des cris des tout-petits.

Il faut dire que ce musée propose l’une des plus grandes expositions de dinosaures au monde, dont les spécimens proviennent principalement des fouilles réalisées en Alberta. La mission de l’établissement depuis ses débuts, en 1985? Mettre en valeur de façon singulière la diversité de la Terre, du plus petit grain de pollen au plus monstrueux dinosaure. Le musée est aussi reconnu à l’échelle internationale pour sa crédibilité scientifique et ses compétences en matière de recherche. L’institution connaît un franc succès : l’an dernier, elle a accueilli quelque 450 000 visiteurs, et, chaque année, au moins 70 scientifiques du monde entier s’y rendent. L’emplacement est également unique : si la grande majorité de tels établissements élisent domicile en agglomérations urbaines, le musée Royal Tyrrell se trouve en pleine nature, au cœur des Badlands de l’Alberta, là où sont menées les recherches de fossiles et autres squelettes de dinosaures.

« ce sont les dinosaures qui attirent les visiteurs au musée Tyrrell. Et ils sont tout à fait sensationnels. »

L’équipe du musée admet volontiers que ce sont les dinosaures qui attirent les visiteurs. Et ils sont tout à fait sensationnels, du stegoceras validum à l’allure d’oiseau — un oiseau de près de neuf pieds de long! — jusqu’à la grande vedette, le tyrannosaure rex. Hollywood le confirmerait volontiers : le tyrannosaure est de loin la créature la plus terrifiante ayant jamais vécue sur Terre. 

En effet, ce carnivore mesurait près de 12 mètres de long, jusqu’à 3,6 mètres de haut au niveau des hanches et pesait quelque 10 tonnes. La plupart des autres dinosaures étaient herbivores et lui servaient de « casse-croûte ». Bref, impossible de se tenir devant le tyrannosaure du musée Royal Tyrrell sans frémir.

Seuls les hanches, les pattes, les pieds et la queue de ce tyrannosaure ont subsisté. Le reste de la créature exposée au musée a été recréé au moyen de moulages basés sur d’autres spécimens de l’espèce découverts au Montana, pour former une réplique hybride parfaitement fidèle. C’est une approche que le musée utilise souvent. Lorsqu’un squelette se fossilise, il est transformé en roche. Dans les spécimens d’envergure, les parties les plus grandes, comme les crânes, sont souvent trop lourdes pour être installées dans un présentoir; un moulage plus léger est alors réalisé. Mais même en connaissant ces détails, ce spécimen de tyrannosaure n’en est pas moins effrayant.

Pour trouver quelqu’un encore plus passionné de dinosaures que les petits visiteurs du jour, ne cherchons pas plus loin que Caleb Brown, le conservateur du programme de recherche Dinosaur Systematics and Evolution. C’est les yeux pétillants de passion que ce spécialiste parle de son travail. En plus de superviser la collection de fossiles du musée, Brown aime aller sur le terrain.

Le scientifique insiste sur le fait que si les salles d’exposition sont extrêmement importantes, ce sont les coulisses qui représentent le véritable cœur du musée. « La pièce maîtresse d’un musée, c’est là où se trouve la collection », explique-t-il. « Si les expositions s’arrêtaient un jour, le musée Royal Tyrrell serait toujours un musée, parce que la collection resterait à la disposition de la recherche, poursuit le scientifique. Voilà ce qui définit un musée, ce qui définit notre musée. Nous comptons environ 270 000 spécimens inventoriés, et des millions de fossiles individuels, car chaque spécimen peut, en fait, être constitué d’une multitude de fossiles différents. »

L’Alberta compte probablement la plus forte concentration de restes de dinosaures au monde. Mais pourquoi cette province était-elle si populaire auprès de ces grands reptiles? Selon Caleb Brown, trois raisons principales expliquent cette richesse en fossiles : « À l’époque du Crétacé, il y a de 66 à 145 millions d’années, la région était un milieu extraordinairement favorable aux dinosaures. Il y régnait un climat très chaud et humide. L’Amérique du Nord était alors divisée en deux par une mer intérieure s’étendant du golfe du Mexique à l’océan Arctique; l’Alberta se trouvait sur le littoral. C’était donc une région côtière, très chaude et luxuriante. »

« Au Crétacé, l’Alberta était un littoral chaud à la végétation luxuriante – un milieu propice aux dinosaures. »

Ensuite, à la mort de ces dinosaures, il y a de fortes chances qu’ils aient été ensevelis, un facteur essentiel pour la fossilisation. « Si un animal n’est pas enterré à sa mort, sa carcasse s’éparpille, est érodée par la pluie et, finalement, ses os se désagrègent et se dispersent. Dans la région, à l’époque, de grands fleuves aux nombreux méandres, charriaient beaucoup de sédiments boueux. Ces cours d’eau inondaient leurs berges, probablement plusieurs fois par année, en y déposant boue et sable. Aussi, quand un animal mourait sur cette plaine côtière, il était sans doute emporté dans le fleuve et s’y retrouvait enseveli, ou bien coincé dans une inondation lorsque le fleuve sortait de son lit. »

Enfin, si on trouve autant de fossiles dans le sud de l’Alberta, c’est parce que les roches de la période du Crétacé y sont exposées. « Les glaciers sont passés par ici il y a environ 12 000 à 15 000 ans, explique le paléontologue. Lorsque ces mastodontes ont fondu, l’eau de fonte glaciaire a creusé des vallées profondes jusqu’aux roches de la période qui nous intéresse. Il est également possible de creuser à Calgary et d’y trouver des dinosaures, mais il faut se retrousser les manches! En Alberta, dame Nature s’est chargée de ce travail de titan. Les fossiles sont exposés dans ces vastes étendues érodées associées aux vallées fluviales. »

Une fois qu’un site d’excavation est choisi, le dur labeur commence. « Pour recueillir les objets, nous les recouvrons de couches de toile de jute et de plâtre afin de créer une coque protectrice. Ensuite nous creusons sous cette coque, puis nous retournons le tout et ajoutons toile de jute et plâtre de l’autre côté. Résultat : nous obtenons un spécimen complètement enrobé dans cette enveloppe de protection. Aucun risque d’érosion ou de bris. » Le spécimen peut ensuite être transporté au musée pour que les chercheurs ouvrent l’enveloppe protectrice, la semaine suivante ou 20 ans plus tard. La collection de l’institution compte ainsi des milliers de coques.

« Le CX-5 avale les kilomètres : il est sophistiqué, facile à conduire et silencieux. Un atout dans le paysage rural de l’Alberta. »

LE MAZDA CX-5

C’est à bord d’un Mazda CX-5 que nous avons effectué notre périple en Alberta. Sur les longues lignes droites de la province, le confort et le raffinement de ce VUS étaient plus importants que son excellente maniabilité. Témoins, la puissance linéaire du moteur turbocompressé de 2,5 L et la suspension qui absorbait les irrégularités de la chaussée. À l’intérieur, le calme n’était rompu que par le système audio. Quant aux confortables sièges en cuir, ils étaient parfaits pour les longues distances. Sous le soleil de l’Alberta, les sièges avant ventilés soulageaient de la chaleur et complétaient le système de climatisation à deux zones. Enfin, sur les pistes de gravier escarpées du Parc provincial Dinosaur, la transmission intégrale i-Activ du CX-5 conférait un sentiment de sécurité supplémentaire.

Nous quittons l’établissement dans notre Mazda CX-5 et nous nous dirigeons vers le sud-est en direction du Parc provincial Dinosaur. Le CX-5 avale facilement les longues distances : il est sophistiqué, facile à conduire et silencieux. Un atout pratique en Alberta, car les routes semblent interminables et les champs de blé dorés défilent à l’infini. Il n’y a guère que les moissonneuses-batteuses traînant d’énormes nuages de poussière qui brisent la monotonie du paysage.

Et voilà que tout change. D’un paysage de collines paisibles, nous nous retrouvons devant un panorama si étrange qu’il pourrait se trouver sur une autre planète. Il ne s’élève pas comme une chaîne de montagnes, mais tombe plutôt sous le terrain vallonné, comme le fait le Grand Canyon.

LE TRANSPORT DES FOSSILES

Nous sommes encore dans la réserve lorsque Caleb Brown, conservateur au musée Royal Tyrrell, se joint à une équipe de chercheurs. Ces derniers sont venus préparer deux spécimens enrobés dans leur coque protectrice en vue d’un héliportage le lendemain. Ces restes appartiennent à un ankylosaure, un dinosaure « blindé » qui pouvait atteindre huit mètres de hauteur et peser huit tonnes. Il arborait aussi une longue queue terminée par une massue. Il s’agit de l’un des spécimens à transporter. « Certains affirment que la massue était une arme défensive parce que l’ankylosaure, un herbivore, devait se protéger contre le tyrannosaure, explique Brown. Mais du point de vue du moteur de l’évolution, la fonction était plutôt sexuelle. » Brown et son équipe placent les spécimens dans des filets pour les préparer au court vol jusqu’à un camion plateforme qui les conduira au musée. Le plus gros, la queue d’ankylosaure, pèse environ 300 kg, et le plus petit, quelque 180 kg.

Bienvenue au Parc Dinosaur, où 150 squelettes ont déjà été mis à jour, et 50 nouvelles espèces découvertes. Nous avons obtenu une autorisation d’accès spéciale à la réserve (site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO). En conduisant le CX-5 sur des chemins de terre, nous apercevons des « hoodoos », de fantastiques piliers érodés en grès tendre, surmontés d’un chapiteau de roche beaucoup plus dure agissant comme protecteur. Plus tard, nous poursuivons notre découverte à pied et je suis étonné de voir que, partout, des os de dinosaures fossilisés jonchent le sol. « Si vous lancez votre chapeau et qu’il n’atterrit pas à moins de 6 mètres d’un dinosaure, vous n’êtes pas dans le parc », commente un guide. Tous ces restes datent du Crétacé.

Un agent nous conduit au bout de la réserve jusqu’à Hadrosaur House, un hangar qui protège les restes remarquablement conservés d’un hadrosaure à l’endroit où il a été trouvé. Ce dinosaure est, en effet, de loin l’espèce la plus commune trouvée dans le parc. Mais celui-ci est particulier : il s’agit d’un squelette articulé, car les os sont encore plus ou moins disposés comme ils l’auraient été du vivant de l’animal. Encore une trouvaille incroyable. À la fin de notre voyage, nous comprenons aisément pourquoi le musée Royal Tyrrell et le Parc Dinosaur sont connus partout dans le monde par tous les amateurs de ces extraordinaires créatures. C’est une passion qui peut vous consumer. Demandez un peu à Caleb Brown.