Le vaste État du Nouveau-Mexique regorge de merveilles naturelles (et de quelques perles surnaturelles). Balade en CX-30, le nouveau VUS multisegment compact de Mazda.

Texte Jack Baruth / Photographie Mark Skovorodko

C’est le plus grand État américain qui ne vienne pas immédiatement à l’esprit. On pense d’abord à l’imposant trio formé par l’Alaska, le Texas et la Californie, et aux grands espaces du Montana. Le Nouveau-Mexique, qui ne s’est joint aux États-Unis qu’en 1912, peut se vanter de posséder un bâtiment continuellement occupé depuis le début du XVIIe siècle. Une partie de cet édifice appartient toujours à la tribu Navajo, une autre a été utilisée pour faire exploser la première bombe atomique, et l’on prétend qu’une autre encore a été le lieu de notre premier contact avec la vie extraterrestre. Incroyable, mais vrai!

Mélange de beauté, d’histoire et de contradictions déroutantes, cet État affiche un territoire sublime dont l’altitude moyenne dépasse celle de l’aéroport de Denver, dans l’État voisin du montagneux Colorado. Le gouvernement fédéral a réservé une grande partie du Nouveau-Mexique pour la préservation. Une plus grande partie, encore, a été simplement oubliée dans la poursuite du rêve américain « vers l’ouest » sans prévoir beaucoup d’arrêts, voire aucun, avant l’océan Pacifique.

Notre objectif était de nous imprégner de la beauté naturelle unique du Nouveau-Mexique et d’en apprendre un peu plus sur lui au cours de notre voyage, à bord du nouveau Mazda CX-30. Et comme, aujourd’hui, on ne peut pas parler de cet État sans au moins s’intéresser à la possibilité d’une vie extraterrestre, nous avons pris un moment pour entendre les raisons pour lesquelles une rencontre du troisième type aurait pu avoir lieu dans une ville plantée au beau milieu du désert.

Le réservoir d’Elephant Butte fut longtemps le plus grand lac de barrage au monde.


Vous appréciez l’espace? Le Nouveau-Mexique vous séduira : sa population est inférieure à celle de Queens ou de Brooklyn, mais vous pourriez faire entrer ces deux quartiers dans l’État plus de 850 fois. Albuquerque, la plus grande ville, est encore assez petite pour qu’il n’y ait qu’un seul endroit où déjeuner, le (presque) célèbre restaurant Frontier, juste en face du campus de la University of New Mexico.

À quelques kilomètres, se trouve Old Town, un quartier bien préservé, dont l’histoire est bien documentée depuis sa fondation en 1706. Les bâtiments, en grande partie d’origine, sont construits dans le style adobe à partir de briques de sable, d’argile et de paille. Les revêtements extérieurs en stuc et les plafonds à poutres en bois sont aussi typiques de cette architecture. De la plus grande ville de l’État, nous mettons cap au sud, vers la ville qui s’appelait autrefois Hot Springs et qui, le 31 mars 1950, devint Truth Or Consequences, en l’honneur du populaire jeu-questionnaire radio de NBC.

« Le vaste Nouveau-Mexique a une population inférieure à celle de Queens ou de brooklyn, mais vous pourriez faire entrer ces deux quartiers dans l’État plus de 850 fois. »

L’animateur, Ralph Edwards, avait proposé de diffuser l’émission depuis toute ville qui changerait sa dénomination officielle pour le nom de l’émission. Les politiciens de la ville ont sauté sur l'occasion et Edwards a fidèlement visité T-or-C (« Tirci » pour les résidents) une fois l’an jusqu’au début des années 2000. La ville existe grâce au barrage voisin, achevé en 1916 pour créer le réservoir Elephant Butte sur le Rio Grande.

Il fut le plus grand barrage d’irrigation du monde jusque dans les années 1960, et continue à fournir énergie et eau à la région. La colline, qui ressemble vraiment à un éléphant qui se repose, est désormais une île dans le lac du barrage. Une récente découverte d’ossements de mastodonte dans la région suggère que le climat était autrefois très différent de celui d’aujourd’hui, caractérisé par ses jours chauds et secs et ses nuits froides.

Un court trajet en voiture sépare « Tirci » du désert du parc national White Sands. On y accède par une grande autoroute qui semble inutile, jusqu’à ce qu’un coup d’œil à la carte repère Juárez, au Mexique, juste au sud. Cette région est un point de convergence des échanges commerciaux entre les deux pays, et des postes de douanes parsèment le paysage. Un virage à gauche après les fameux champs de piments de Hatch, à Las Cruces, et on y parvient en un rien de temps.

En plein désert, le gypse s’étendant à perte de vue, il est possible d’oublier presque complètement la civilisation. Le film L’homme qui venait d’ailleurs, avec en vedette David Bowie, y a été tourné, tout comme un des films Transformers. À l’occasion, la zone est fermée pour que l’armée de l’air américaine puisse y faire des essais de missiles. Les résidents n’en paraissent pas particulièrement importunés; certains se rappellent d’ailleurs du jour de l’essai nucléaire Trinity et du bref dégagement de chaleur ressenti sur la peau jusqu’à la ville de Las Cruces.

Où est Bowie? Le paysage désertique de White Sands est une source d’inspiration.

Pas de missiles dans le ciel le jour de notre visite, mais plutôt des familles enthousiastes qui escaladent les dunes et les dévalent joyeusement en luge. Des poteaux plantés dans le sol servent de points de repère aux randonneurs et aux amateurs de camping dans le désert. Vous n’êtes pas aussi aventureux? Certains des stationnements, dégagés quotidiennement, offrent des tables de pique-nique en aluminium poli d’allure futuriste, à protection intégrée contre le soleil et le vent.

Depuis White Sands, il y a deux façons de se rendre à Roswell. La route 70 passe par Ruidoso Downs, où se déroule la fameuse épreuve hippique All American Futurity, dotée de prix de trois millions de dollars, dont un million et demi garanti au vainqueur. Un événement très couru dans l’univers des quarter horses. Sans autres chevaux sous la main que les 186 qui piaffent sous le capot de notre Mazda CX-30 blanc neige nacré, nous décidons d’emprunter la route de Cloudcroft. Au cœur de la forêt nationale de Lincoln, à plus de 2 500 mètres d’altitude, ce petit village est très fréquenté par les skieurs en hiver. Le reste de l’année, son altitude en fait un refuge agréable contre la chaleur du désert.

Un millier de pistes sillonnent la forêt, où se cachent cabanes et demeures somptueuses. La plupart des routes ne sont pas goudronnées et en quelques minutes, nous voilà sur des pistes poussiéreuses.

À Roswell, les visiteurs sont accueillis par un panneau représentant une visite extraterrestre. Ce thème revient partout, du McDonald’s en forme de soucoupe à la dizaine de magasins de t-shirts du centre-ville. Il y a 73 ans, l’armée de l’air testait des ballons pour le projet Mogul, une tentative secrète de détecter les ondes sonores des essais de bombes nucléaires soviétiques. Lorsqu’un de ces ballons s’est écrasé au sol, un agriculteur de la région a rapporté les débris à la base de l’armée de l’air. L’officier de service attribua alors ces étranges pièces brillantes à une « soucoupe extraterrestre ». Et c’est ainsi que la légende de Roswell a commencé…

« L’encrier du diable, qui doit son nom à ses algues noires, est un cénote – un gouffre calcaire qui s’est rempli d’eau douce pendant des milliers d’années. »

…du moins, c’est ce que nous sommes censés croire. Dans la rue principale de la ville, un musée entier soutient de façon assez convaincante que l’ovni était bien réel. Étant donné son isolement, la prospérité économique de la région est étonnante. Les extraterrestres paient-ils pour toutes ces vastes maisons et ces camions tout neufs? Ou est-ce la manne du pétrole et du gaz qui bénéficie aux ouvriers et aux foreurs de Roswell? À vous de décider. Toujours est-il que le musée possède une pièce de l’ovni. Sa structure cuivrée en nid d’abeille suggère une technologie inconnue.

Roswell, qui aurait reçu la visite d’extraterrestres en 1950, est la Mecque des amateurs d’ovni.

Elle ressemble aussi à un ballon-sonde météorologique à antenne intégrée. Peu importe, une merveille naturelle entièrement explicable n’est qu’à 30 minutes de là. Le parc d’État Bottomless Lakes compte, en effet, neuf cénotes d’eau douce, des gouffres d’effondrement calcaires qui se sont remplis d’eau souterraine pendant des milliers d’années. Les lacs sont parfois profonds, de 5,50 à 27,50 mètres, mais ils ne sont en aucun cas vraiment sans fond – le nom du parc (sans fond) venant de l’incapacité des cow-boys du coin à sonder les profondeurs avec leurs seuls lassos.

Devil’s Inkwell, le plus petit des neuf cénotes, doit son nom (l’encrier du diable) à la couleur noire des algues qui y poussent et à la « margelle » de pierre qui l’entoure; cette dernière étincelle à cause des flocons de quartz laissés par le même gypse qui forme les dunes de White Sands à l’ouest. On repeuple régulièrement le lac en poissons qui nagent, invisibles, dans ses profondeurs obscures. Le parc naturel propose également une multitude de terrains de camping à proximité des cénotes, mais tout comme le reste du Nouveau-Mexique, ce ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des lieux très fréquentés.

Le chemin du retour vers Albuquerque débute dans une vague de brouillard surprise qui nappe les barrières à neige et la large autoroute plate. Il nous enveloppe et nous en émergeons complètement seuls, entourés par environ 250 km2 sans personne à la ronde. Quelques minutes plus tard, nous arrêtons au restaurant animé d’une station-service. Nous devons crier pour être entendus dans le chaos des caisses et des semi-remorques bruyants. Tour à tour animé et désertique, le Nouveau-Mexique est bien étrange. Étrange, et merveilleux.